Le soutien par les pairs est un modèle bien établi dans les domaines de la santé mentale et des dépendances, mais son rôle dans le secteur de la lutte contre la traite des personnes est moins clairement défini. Un nouveau rapport de Voice Found, élaboré en partenariat avec le Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, vise à combler cette lacune.

S’appuyant sur des consultations menées auprès de fournisseurs de services et de pair·e·s aidant·e·s à travers le Canada, ainsi que sur une analyse exhaustive des recherches existantes, ce rapport explore comment le soutien par les pairs peut être mis en œuvre de manière éthique et efficace pour les personnes ayant subi la traite.

« Ce travail s’appuie sur les témoignages des survivant·e·s et sur l’engagement d’organisations qui croient au pouvoir de l’expérience vécue », a expliqué Cynthia Bland, PDG de Voice Found. « Le soutien par les pairs crée des liens là où régnait l’isolement et fait naître l’espoir là où régnait le silence. »

« J’espère que ce rapport contribuera à mettre en place des programmes de soutien par les pairs plus solides, plus sûrs et plus éthiques partout au Canada. »

Au total, cette étude a donné lieu à 44 consultations représentant 34 organisations issues de divers secteurs et régions, ainsi qu’à l’analyse de 49 sources universitaires, gouvernementales et issues d’ONG, provenant du Canada et d’ailleurs.

Les conclusions sont claires : lorsqu’il est bien mené, le soutien par les pairs peut susciter l’espoir, réduire l’isolement et la stigmatisation, et favoriser la guérison à long terme.

« Il y a quelque chose de profondément puissant dans le fait d’être compris sans avoir à s’expliquer », a déclaré Julia Drydyk, directrice générale du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes.

« Le soutien par les pairs crée cet espace — et pour de nombreuses personnes ayant vécu la traite, cela peut marquer un tournant dans leur parcours de guérison. »

En ce qui concerne les pair·e·s aidant·e·s, ce modèle peut offrir des possibilités de croissance personnelle, d’acquisition de compétences et d’autonomisation. Pour les organisations, il crée des espaces plus adaptés aux traumatismes, inclusifs et crédibles, fondés sur l’expérience vécue.

En même temps, le rapport souligne que le soutien par les pairs n’est pas une solution universelle. Son succès dépend d’une forte préparation organisationnelle et d’un soutien significatif aux travailleurs·euses par les pairs. Sans rôles clairement définis, sans financement adéquat et sans accès à la supervision et aux ressources de bien-être, les programmes risquent de causer du tort plutôt que de favoriser la guérison.

La recherche met en évidence un principe fondamental : le soutien par les pairs fonctionne mieux lorsque les pair·e·s aidant·e·s sont soutenu·e·s. Cela inclut une rémunération équitable, une formation continue et des mesures de protection pour prévenir l’épuisement professionnel et la retraumatisation.

Alors que le secteur de la lutte contre la traite des personnes continue d’évoluer, le soutien par les pairs offre une voie prometteuse pour l’avenir — une voie qui met l’accent sur les liens, la dignité et l’expertise issue de l’expérience vécue.

Lisez le rapport complet pour découvrir les principales conclusions et recommandations.