De nombreuses personnes contribuent au travail du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, notamment les membres de notre conseil d’administration. Dans cette série, nous vous présentons les personnes qui contribuent à orienter notre travail et nous partageons, dans leurs propres mots, les expériences et les points de vue qu’elles apportent au Centre.
Jennifer Fiddian-Green a rejoint le conseil d’administration du Centre en 2018 et a été nommée présidente du conseil d’administration en 2022. Son leadership au sein du Centre s’appuie sur une carrière dans la comptabilité judiciaire et les enquêtes financières. Chez Grant Thornton LLP, elle dirige le pôle de conseil en criminalistique et possède une vaste expérience dans la direction d’équipes et la conduite d’enquêtes sur la criminalité financière. Ce travail lui a permis d’acquérir une perspective unique sur la manière dont les systèmes financiers peuvent contribuer à identifier et à lutter contre la traite des personnes.
Qu’est-ce qui vous a d’abord incité à vous engager auprès du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes?
J’ai été attiré par le Centre lorsque j’ai découvert l’existence de ce crime dans le cadre de mon travail d’experte-comptable judiciaire. Une grande partie de mon travail porte sur des affaires liées à la criminalité, aux produits du crime, au traçage de fonds illicites et à d’autres enjeux complexes. Et lorsque j’ai commencé à m’informer sur la traite des personnes — en particulier sur le fait qu’elle se produisait ici, au Canada, et qu’elle impliquait souvent des jeunes Canadien·ne·s — cela m’a touché différemment des autres types de crimes et de fraudes auxquels je suis confrontée dans mon travail.
Cela me semblait plus personnel : la manipulation, les abus et le fait que des personnes vulnérables et innocentes soient prises pour cibles…
En même temps, j’ai appris qu’il y a tellement de choses que nous — ce « nous » collectif et plus large — pouvons faire pour détecter et démanteler ces crimes. Je me suis alors mise à m’investir pour en savoir plus sur la traite des personnes et relier davantage de points.
En 2017, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec deux inspecteurs issus d’équipes d’enquête sur la traite à des fins sexuelles, qui travaillaient tous deux en Ontario. J’ai collaboré avec eux pour comprendre tout ce qu’ils savaient sur l’aspect financier de ces affaires et sur les circuits de l’argent. Ne vous y trompez pas : c’est une question d’argent. Nous avons pu publier certaines des toutes premières recherches sur les flux financiers liés à la traite des personnes.
Le travail qu’ils accomplissaient, l’attention qu’ils portaient aux jeunes femmes concernées, ainsi que la douleur et le fardeau qu’ils portaient m’ont profondément émue.
Quelle est la chose que vous aimeriez que davantage de gens comprennent à propos de la traite des personnes?
Il faut que davantage de gens comprennent que ce phénomène n’est pas une inévitabilité. Les défis sont immenses, mais ils ne sont pas insurmontables. Nous pouvons bâtir des communautés où les gens sont protégés, soutenus et valorisés, et non maltraités.
Je crois personnellement qu’une fois que l’on connaît les détails de ces crimes — qu’il s’agisse de traite à des fins sexuelles ou de traite à des fins de main-d’œuvre — on ne peut plus ignorer ce que l’on a appris. Et si nous construisons un monde où les membres de la famille — mères, pères, frères et sœurs — veillent les uns sur les autres et se tiennent mutuellement responsables, nous pourrons nous rapprocher de la fin de ce problème.
Ces crimes sont tout simplement inacceptables.
À l’heure actuelle, nous sommes trop nombreux à ignorer l’existence de la traite des personnes ou à fermer les yeux sur ce phénomène. Nous devons changer cela. Et même si nous avons besoin du soutien de nos forces de l’ordre, je ne pense pas que ce soit elles qui doivent mettre fin à ce fléau à notre place. Nous avons besoin que des leaders de tous les horizons de la société, notamment des responsables civiques, communautaires et du monde des affaires, jouent un rôle actif dans la lutte contre la traite des personnes.
Pourriez-vous nous raconter un moment de votre parcours au sein du Centre qui vous a particulièrement marqué?
Lorsqu’on m’a proposé pour la première fois de prendre la présidence du conseil d’administration, j’ai pris le temps d’étudier les recherches, les rapports et autres documents de référence qui ont conduit à la création du Centre. J’ai pris connaissance de cas de traite et d’abus dont étaient victimes des jeunes femmes et des filles, et j’ai découvert comment ces situations avaient pu se produire au sein de structures sociétales qui avaient été mises en place, et parfois même saluées, au cours de ma vie.
J’en ai été tout simplement consternée.
Bien que cela m’ait profondément marquée, je puise également de l’espoir dans le fait de savoir que si ces systèmes ont pu être mis en place, ils peuvent aussi être modifiés et reconstruits. Ensemble, nous pouvons bâtir une société et des communautés qui protègent les personnes et mettent en lumière des situations où, sans cela, les abus passeraient inaperçus.
Pourquoi pensez-vous que ce travail est plus important que jamais ?
Si nous devons aborder le changement avec prudence et empathie, nous devons également agir de toute urgence. Chaque jour où la traite des personnes se poursuit est un jour de trop.
Nous remercions Jennifer d’avoir partagé son point de vue et de contribuer sans relâche aux travaux du Centre.
Au cours des prochains mois, nous continuerons à vous présenter les personnes qui contribuent à orienter nos travaux. Suivez-nous pour faire la connaissance d’autres membres de notre conseil d’administration.
Vous pouvez également en savoir plus sur les personnes qui orientent nos travaux en consultant notre page consacrée à la direction.




