26 novembre 2025 (Toronto, Ontario) — Les appels à la ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes ont atteint un niveau record en 2024, selon les nouvelles données sur les tendances en matière de traite publiées par le Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes. La ligne d’urgence a reçu un peu plus de 5 100 appels l’année dernière provenant de victimes, de survivant·e·s et d’autres personnes touchées par la traite des personnes.

« Le fait d’avoir reçu plus de 5 000 appels en une seule année témoigne de l’ampleur de la traite des personnes au Canada », a déclaré Julia Drydyk, directrice générale du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes. « C’est un signe évident que beaucoup trop de personnes sont exploitées et que le Canada a besoin de mesures de soutien plus solides et mieux financées. »

Les formes les plus courantes de traite des personnes sont la traite à des fins sexuelles, où des personnes sont contraintes ou manipulées pour entrer dans l’industrie du sexe, et la traite à des fins de main-d’œuvre, où des personnes — souvent des travailleurs et travailleuses migrant·e·s temporaires — sont exploitées par leurs employeurs.

De nouvelles données montrent que les cas de traite à des fins de main-d’œuvre signalés à la ligne d’urgence ont augmenté de plus de 300 % l’année dernière, par rapport au nombre moyen de cas signalés entre 2020 et 2022.

« Les travailleurs et travailleuses migrant·e·s sont rendu·e·s vulnérables par les inégalités structurelles inhérentes au programme des travailleurs étrangers temporaires », a expliqué Mme Drydyk. « Lorsque les employeurs profitent de ces vulnérabilités, cela crée des conditions propices à l’exploitation. »

Elle ajoute : « Les travailleurs migrants et les étudiants internationaux arrivent au Canada avec courage et ambition. Ils méritent des systèmes qui protègent ces espoirs, et non des conditions qui rendent l’exploitation possible. »

Les cas liés à la traite à des fins sexuelles continuent quant à eux de représenter la majorité des appels reçus par la ligne d’urgence, soit environ 70 %. Cette tendance reste constante d’année en année, soulignant la persistance de la traite à des fins sexuelles dans tout le pays.

Il est important de noter que les données ont révélé qu’aucune région du Canada n’est à l’abri de la traite des personnes. La traite des personnes touche tous les types de communautés, des grands centres urbains aux petites villes. Un cas sur six provient de petites municipalités ou de zones rurales, ce qui souligne la nécessité de mettre en place des stratégies de lutte contre la traite qui s’étendent bien au-delà des grandes villes.

Pourtant, les efforts de lutte contre la traite continuent d’être entravés par des idées fausses largement répandues sur ce à quoi ressemble la traite au Canada. Les médias populaires dépeignent souvent les victimes comme étant physiquement piégées et attendant d’être secourues. En réalité, les trafiquant·e·s recourent davantage à la coercition, à la manipulation, à l’isolement et au contrôle psychologique qu’à la séquestration physique. Ces dynamiques peuvent rendre le départ extrêmement difficile, même si les victimes et les survivant·e·s jouent un rôle actif et déterminant dans leur propre libération.

« L’augmentation du nombre d’appels montre combien de victimes et de survivants font les premiers pas vers la sécurité. Cela nous rappelle que les survivants et survivantes jouent un rôle déterminant dans leur propre sortie de la traite, et que le Canada doit répondre à ce courage par une prévention réelle et un soutien tenant compte des traumatismes subis. »

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Le Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes est un organisme caritatif national qui œuvre à promouvoir des changements systémiques afin de prévenir la traite des personnes et de soutenir les victimes et les survivant·e·s. La Ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes est un service confidentiel et multilingue offert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par année, qui met en relation les victimes, les survivant·e·s et les membres de la communauté concernés avec des services locaux.

Les journalistes peuvent consulter le rapport complet intitulé Tendances en matière de traite des personnes au Canada, ainsi qu’un guide concis à l’intention des médias qui résume les principales conclusions du rapport dans un format rapide et facile à consulter,