
La traite des personnes est souvent perçue comme un problème qui touche d’autres personnes, ailleurs. En réalité, c’est un problème qui est plus proche de nous qu’on ne le croit. Qu’il s’agisse de santé publique, d’économie, de sécurité dans nos collectivités ou de droits fondamentaux de la personne, la traite des personnes nous concerne toutes et tous. Voici cinq raisons pour lesquelles cette question mérite l’attention de nous tous.
1. La traite des personnes est un enjeu de santé publique
Les survivant·e·s sont souvent confronté·e·s à de graves problèmes de santé physique et mentale en raison des conditions auxquelles ils·elles ont été soumis·es. Les blessures non soignées, la malnutrition, la toxicomanie et les maladies chroniques sont courantes. Il en va de même pour les séquelles à long terme, comme l’anxiété, la dépression et le syndrome de stress post-traumatique. Ces difficultés ne sont pas isolées : elles touchent les familles, mettent à rude épreuve les relations et exercent une pression supplémentaire sur les systèmes de santé, les services d’urgence et les services de soutien communautaire. Lorsque la traite n’est pas prévenue, ce sont des communautés entières qui en paient le prix.
2. La prévention sauve des vies – et permet d’économiser de l’argent
L’aide aux survivant·e·s nécessite souvent un large éventail de services : logement, soins de santé, soutien psychologique, aide juridique et formation professionnelle. Ces mesures de soutien sont essentielles, car elles aident les personnes à reconstruire leur vie après avoir subi des préjudices inimaginables. Cependant, ils nécessitent des ressources importantes et n’interviennent souvent qu’après que quelqu’un a été exploité.
En investissant dans l’éducation, la sensibilisation et le soutien aux personnes à risque, nous contribuons à mettre fin à la traite avant qu’elle ne commence. Ce n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est aussi la plus intelligente.
3. La traite des personnes peut toucher n’importe qui
L’un des mythes les plus tenaces au sujet de la traite est qu’elle ne touche que certaines catégories de personnes. Cependant, les trafiquants ne font pas de discrimination ; ils exploitent des personnes de tous les milieux socio-économiques, y compris celles issues de foyers stables et de quartiers aisés. Bien que personne ne soit vraiment à l’abri, la traite à des fins sexuelles touche de manière disproportionnée les femmes, les filles et les personnes de divers genres, en particulier les femmes et les filles autochtones et les personnes bispirituelles.
Reconnaître que la traite peut toucher n’importe qui peut contribuer à lutter contre les stéréotypes nuisibles et encourager les gens à jouer un rôle actif dans les efforts de prévention.
4. La traite nuit aux communautés, et les trafiquants restent souvent impunis
La traite n’est pas un crime isolé. Les trafiquants sont souvent impliqués dans le trafic de drogue, le commerce illégal d’armes, la fraude financière, le blanchiment d’argent et d’autres formes de crime organisé. Les communautés les plus touchées par la traite sont plus susceptibles de voir augmenter ces crimes connexes.
Si ce sont les victimes qui souffrent le plus, les trafiquants, eux, échappent rarement à la justice. Selon Statistique Canada, seulement 10 % des cas de traite des personnes au Canada aboutissent à une condamnation. Par conséquent, de nombreux trafiquants restent dans nos communautés, toujours à l’affût de nouvelles personnes à exploiter.
En soutenant les efforts de lutte contre la traite des personnes, vous n’aidez pas seulement les survivant·e·s, vous contribuez également à rendre nos communautés plus sûres.
5. C’est une question de droits de la personne
À la base, la traite des personnes est une violation des droits fondamentaux de la personne. Les survivant·e·s, dont beaucoup ont été contraint·e·s, manipulé·e·s ou soumis·e·s à la coercition, sont souvent victimes de jugements sévères et de stigmatisation. Mais personne ne choisit d’être victime de la traite, personne ne mérite d’être exploité et personne ne devrait être traité comme un être inférieur en raison de ce qu’il a enduré.
Défendre les droits et la dignité des survivant·e·s n’est pas facultatif, cela reflète le type de société que nous choisissons d’être.
Conclusion
Il est facile de négliger un problème social lorsque nous pensons qu’il ne nous concerne pas. Cependant, la traite des personnes touche tous les aspects de la société, met à rude épreuve les systèmes de santé, menace la sécurité publique et viole les droits fondamentaux de la personne dont nous jouissons toutes et tous.
Loin d’être un problème lointain, la traite des personnes touche toutes les communautés, grandes et petites, partout au Canada. Et bien que ses répercussions soient vastes, les voix les plus importantes dans ce travail sont celles des survivant·e·s.
En écoutant les survivant·e·s, en soutenant leur leadership et en prenant des mesures significatives, nous pouvons nous rapprocher de la construction d’un pays où personne n’est exploité et où personne n’est laissé pour compte.
Pour en savoir plus sur la traite des personnes et sur la manière d’en reconnaître les signes, consultez le site canadianhumantraffickinghotline.ca.




